Quand les citoyens font ce que les institutions ne peuvent plus faire
En février 2025, Glenys attendait la mort pour rejoindre son mari. Ses voisins ont bravé tous les interdits, face aux professionnels et aux services territoriaux qui refusaient toute intervention.
Ce cas vécu m’a guidé pour fonder la Confrérie des Citoyens Heureux, autour de deux valeurs fondamentales : le respect et la discrétion
Glenys est arrivée à Mohon au siècle dernier. Britannique, elle avait vécu dans l’hémisphère sud. Elle n’avait plus de famille proche, seulement un neveu partageant sa vie entre Londres, Venise et Josselin. Une fracture vertébrale l’avait immobilisée, prisonnière de son lit.
Hospitalisée par les pompiers, elle a été rapidement renvoyée chez elle. C’est alors qu’un réseau informel de voisins bienveillants s’est constitué. Ils ont assuré l’essentiel : se nourrir, se soigner, rester digne. Les démarches administratives ont suivi leur rythme, et les professionnels ont été sollicités progressivement, quand cela devenait possible.
Un an plus tard, Glenys a retrouvé son autonomie. Environ trente personnes ont contribué à ce que beaucoup appellent un miracle, mais qui relève avant tout d’une solidarité active, patiente et collective.
Membre du réseau solidaire des industries électriques et gazières, j’avais signé un engagement encadrant strictement l’aide aux personnes âgées. À plusieurs reprises, j’ai alerté mes responsables :
« Glenys a besoin que je fasse ceci, mais notre charte l’interdit. »
La réponse fut constante :
« Le respect passe avant les obligations. »
Je ne détaillerai ni mes actes, ni ceux des voisins. La discrétion est une condition de la dignité. Mais chaque fois qu’un professionnel acceptait de prendre le relais, c’était un immense soulagement.
Cette histoire rappelle une chose essentielle : quand les règles empêchent l’aide, ce sont les citoyens qui maintiennent l’humanité vivante.